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Originaire de Bucarest en Roumanie,
Cristina Stefan se passionne pour la peinture depuis l'âge de 12 ans.
(Photo - Hélène Gingras)
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Ces abat-jour ne sont qu'une infime
partie de tous les items et objets faits de soie qu'elle peint à la
main. (Photo - Geneviève Girard)
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Cette toile est la résultante de
son passage à la maison Melançon de Candiac lors de la dernière
édition des Journées de la culture, en septembre. (Photo - Geneviève
Girard)
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Le Reflet - Édition du 10 novembre 2007
Cristina Stefan a l'étoffe d'une artiste
Geneviève Girard
DELSON - Écharpes, nuisettes, tableaux,
cartes de souhaits et abat-jour ne sont que quelques-uns des items que
Cristina Stefan transforme en petites merveilles peintes à la main.
Au Québec depuis 17 ans, l'artiste-peintre semi-professionnelle
originaire de Bucarest en Roumanie utilise les produits de la
sériciculture en guise de canevas depuis 2004.
"Ma décision de peindre sur ce type de tissu provient d'une anecdote,
confie la Candiacoise de 39 ans qui a déjà habité La Prairie. J'ai un jour
voulu offrir un cadeau à ma mère, quelque chose qui l'occuperait. De
retour à la maison avec un kit de peinture sur soie, je n'ai pas pu
m'empêcher de l'essayer! J'ai tout de suite aimé parce que c'était
différent de ce que je connaissais!"
De fil en aiguille, celle qui a développé sa passion pour les toiles à
l'huile dès l'âge de 12 ans s'est mise à innover. Parcourant les marchés à
la recherche d'objets soyeux à peindre ou à teindre, elle s'est mise à
diversifier ses créations et à en produire de plus en plus.
"Je mets environ 30 à 45 minutes pour compléter une écharpe. Je m'inspire
de l'item qui est devant moi et me base sur mes années d'expérience en
fait de couleurs et de mélanges. Chacune de mes pièces est unique et est
pratiquement impossible à reproduire", indique celle qui consacre au moins
six heures par semaine à sa passion.
Mme Stefan est fascinée par la façon dont réagit la peinture sur le tissu.
Elle ne peut jamais prédire le résultat final de ses créations, toujours
très colorées et festives. "Le produit fini sera différent selon les
techniques que j'ai utilisées", précise celle qui participe régulièrement
à des foires d'artisans.
Technique et pratique
Pour parvenir à des résultats quasi parfaits, la dame étale des bouts
de soie vierges (blancs) sur une planche de bois et les fixe à l'aide de
punaises. Plus le tissu est tendu, mieux c'est.
L'artiste a recours à au moins quatre procédés différents quand vient le
temps d'ajouter un autre élément à sa collection. "Il y a le serti,
l'alcool, le sel et le sirop de sucre, lance-t-elle. Chacun d'entre eux a
sa particularité."
Le serti consiste en l'application d'une petite bande de résine qui
empêche le mélange de deux couleurs que l'on aimerait garder distinctes,
un peu comme l'argent qui sépare les pièces d'un vitrail. "La résine crée
un obstacle à la diffusion de la peinture sur le tissu que l'on appelle
réserve. C'est de cette façon, par exemple, que l'on peut créer des fleurs
d'un certain ton sur un canevas qui est teint d'un autre", explique Mme
Stefan.
Quand le tissu est encore humide, elle saupoudre parfois des grains de sel
de différentes grosseurs, ce qui a pour effet d'attirer les pigments de
couleur vers un point précis. Le résultat donne l'illusion de gouttes
d'eau ou crée des formes semblables à des iris.
L'alcool et l'eau joueront quant à eux sur la diffusion et l'intensité du
tissu, dépendamment qu'ils soient appliqués sur de la soie enduite de
peinture ou de teinture encore humide ou séchée. "Ça permet à la fois
d'ajouter beaucoup de texture, de volume et de relief, en plus de faire
apparaître des ombrages ou des portions colorées plus diluées", note celle
qui pratique sa passion dans un atelier improvisé à la maison.
Une fois complétée, sa pièce est repassée ou soumise à un jet de vapeur,
selon qu'elle a été peinte ou teinte, pour ensuite être lavée et repassée
pour être esthétique. Toutes ces étapes permettent à la création de se
lier et de demeurer intacte à travers les années.
Sa minutie, sa méticulosité et sa méthode ont contribué à lui faire gagner
deux prix au cours de l'année 2007, soit la troisième mention d'honneur au
concours de peinture de la Caisse Desjardins des Berges de Roussillon, en
octobre, et le troisième prix à l'Expo-concours Une fleur en fête présenté
à la Maison Melançon de Candiac, en juin.
"C'est tellement gratifiant et encourageant. Ça me donne le goût de
continuer de plus bel, confie la mère d'un garçon de trois ans. C'est la
même chose lorsque je vends mes pièces. Je suis contente quand les gens
aiment ce que je fais. Ça me permet d'en créer encore plus par la suite et
d'innover ou d'explorer diverses avenues."
Artiste en soi
Mme Stefan allie l'art avec son travail de programmeur analyste en
informatique à Longueuil. Elle aime bien vivre de la sorte, si bien qu'une
carrière exclusivement artistique ne la tente pas. "J'adore créer et je
produis beaucoup, mais je suis beaucoup trop réaliste et terre-à-terre
pour me lancer dans une aventure pareille!, admet-elle. J'aurais peur que
ça fonctionne moins bien pour moi."
Une alternative l'intéresse toutefois fortement : transmettre sa passion
et son savoir à d'autres. "Lors de mon passage aux Journées de la culture,
beaucoup de gens me posaient des questions et s'intéressaient à cet art
méconnu. L'idée d'enseigner fait son chemin", mentionne celle qui est
attirée par toutes les formes d'art.
Elle vient d'ailleurs tout juste de se pencher sur la création de bijoux
faits de vitraux, un procédé qui lui est enseigné par son beau-père, féru
en la matière. Elle parcourt présentement les boutiques et centres d'art
de la région dans le but de faire connaître cet autre talent qu'elle
développe.
Pour de l'information ou pour consulter ses œuvres : www.artstudio29.com.
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